28 mai 2010

LA TRANSPAC : P....de houle, Foutu pilote (avril,mai 2010)

Super! La transpac s'annonce bien: 25 jours de bonheur et de romantisme. Avec, près de 3 000 miles de traversée des Galapagos à Fatu Hiva c'est à peu près 3 jours de plus que la transat au départ des Canaries. Les pleins sont faits; eau, gas oil, nourriture et gaz, et nous avons prévu par sécurité un super équipement: 2 iridiums, 3 pilotes automatiques et l'aide de Pierrot comme routeur à terre. Par ailleurs, nous ne pouvons espérer que du vent favorable de 15 à 20 nœuds et une houle d'Est qui nous pousse vers les îles paradisiaques. Après le Golfe de Gascogne, la descente du Portugal, la Transat et l'étape du Cap de la Voile ce devait être une simple formalité et une partie de pur plaisir.....
C'était sans compter sur les effets climatiques d'El Nino, des grandes dépressions dans les 40° rugissants et sur les aléas électroniques. C'est donc confiants que nous nous apprêtons à prendre la route, salués une dernière fois par nos amis de Maupiti, Gérard et Cathy.

Ainsi,dimanche 18 avril c'est le départ. Ce sera long, très long. Alors patience et courage , et il en faudra!





C'est le départ



Très vite nous avons à cœur de bien faire avancer le bateau. L'objectif étant de ne pas descendre au dessous de 4 miles à l'heure. La grand voile est hissée, le génois déroulé, le vent est là SSE 5 à 10 nœuds puis 10 à 15 . On déroule , on roule le génois, on choque, on borde , on prend un ris, deux ris trois ris quand le vent forci à 20-25 nœuds. Nous cédons aux caprices du pilote (foutu pilote!),seul maître à bord après Dieu et le capitaine, nous lui demandons de tenir la barre dans le cap. Mais très vite il décide de façon perfide de mener une grève perlée et manifeste son mécontentement par des sifflements intempestifs! Quelques heures plus tard c'est la grève illimitée contraignant l'équipage dépité et inquiet à barrer pendant près de 20 heures (ce n'est qu'un début!). Dans la nuit, le capitaine comprend et trouve une solution aux revendications du gréviste. Il ne pourra intervenir qu'avec le jour : il baisse les voiles et va dormir 2 heures. Au matin bricolage: le petit bras (pas si musclé) du pilote n'a pas la force de tirer à lui la barre car la butée est trop loin. Donc acte, Stef perce un trou et installe l'exigeant plus confortablement. Mais il y a une autre revendication à satisfaire: sous voiler le bateau pour ne pas trop le fatiguer. Ainsi c'est à une vitesse de 4 à 4,5 avec la GV arrisée à 3 ris que nous avancerons désormais!( foutu pilote)
Pendant ce temps Lazarina reçoit sur son flanc bâbord(gauche)des coups incessants, violents de la houle (p....de houle) qui essaie de la mettre au tapis, mais courageuse elle se bat et se fraie un passage dans cette mer houleuse (3à 4 m quand même) due aux dépressions d'Ouest du Grand Sud!

Au 6° jour la mer se calme un peu enfin! La skipette espère que cette accalmie va se prolonger car les mouvements du bateau l'empêche de vaquer à ses occupations habituelles remplacées par le capitaine qui assure en cuisine. Les gestes quotidiens de la vie courantes, se laver, pisser et même dormir relèvent de l'exploit....
Hélas l'accalmie fut de courte durée! Le vent faiblit mais la houle (p...de houle) est toujours là; Le moral est au plus bas, heureusement quelques messages nous arrivent sur notre téléphone satellitaire: un grand merci à leurs auteurs.

Au 14° jour, nous aurons parcouru la moitié du parcours. C'est « pétole », le confort à bord est bien meilleur; la skipette retrouve (un peu) le sourire, le capitaine a perdu le sien: il compte et recompte le nombre de litres de gas oil qui restent en stock. Le moteur est trop sollicité....

Là, s'arrête la partie la plus « facile »: le pire est à venir!




Le seul voilier rencontré:Mariposa de Micha et Brigit(55pieds!)



Le même dans la houle



Le 19° jour le cri du pilote nous sort de notre léthargie « je ne barrerai qu'en présence du moteur et en l'absence de GV » eh merde (foutu pilote). Il va nous obliger à barrer 17h par jour, ne le sollicitant que pour nous reposer un peu et après avoir calculer, calculer et recalculer le stock de gas oil.
Mais, dans la nuit du 7 au 8 mai à 1H30 c'est la fin de notre 3° pilote. Merde, merde, merde, foutu pilote! Il reste un peu plus de 1000 miles , les quarts vont se succéder jour et nuit toutes les 2 heures à la barre. La houle est toujours là (p....de houle); les vagues scélérates explosent dans le cockpit arrosant abondamment le barreur, et l'eau coule dans le cou, le long du dos laissant le sel ronger la peau fragile.....toujours assis les fesses sont en feu, les muscles des bras, du dos sont douloureux, les mains ont des ampoules et des cals malgré les gants....





Il faut barrer nuit et jour



....et encore barrer




Foutus pilotes


Plus le temps de lire, d'écrire, de jouer aux cartes,plus le temps la nuit de contempler les étoiles et compter les étoiles filantes les yeux fatigués sont rivés sur le compas pour garder le cap. Nous avançons lentement le vent et la houle faiblissent lentement, le bateau est sous voilé: il faut garder des forces car la route est encore longue....






Deux cents miles avant Fatu Hiva, et comme le chante si bien Brel, « le temps s'immobilise aux Marquises »et c'est à 2,5 nœuds que Lazarina se traîne mais comme « gémir n'est pas de mise » alors nous acceptons de revoir la date de notre arrivée à Fatu hiva.


Le stock de gas oil nous préoccupe beaucoup mais la découverte d'un bidon de 4 litres nous permet d'espérer arriver sans problème au mouillage. Le moteur ronronne, Lazarina retrouve le sourire.....mais à 20 miles de l'arrivée c'est le moteur qui pose problème: une fuite de gas oil (c'est le comble!). Nous resterons 6 h devant Fatu Hiva à attendre quelque souffle de brise .
Enfin, devant la Baie des Vierges l'arrivée de Tutatis ( voilier des brésiliens José et Sandra) qui nous remorquera, l'aide de Philippe et Pascale qui nous aiderons à mouiller , l'ancre sera posée à 19 heures après 32 jours de navigation!




Fatu Hiva et la baie des v(i)erges




L'accueil à Hanavave sera à la hauteur de l'amitié de Pascale et Philippe....mais c'est une autre histoire que nous raconterons plus tard, car pour l'instant c'est repos et dodo....


Maeva aux Marquises

Galapagos: formalités, comment? combien?

Nous avons entendu, lu beaucoup sur le sujet et il y a notre expérience d'avril 2010 sur l'île de Santa Cruz.
Ce que nous savons de façon quasi certaine- attention la réglementation, les hommes chargés de l'appliquer changent très souvent-
seulement 4 îles peuvent être accostées par nos bateaux de plaisance: Santa Cruz, Isabella, San Cristobal et Baltra, les autres îles nous sont totalement interdites (réservées aux bateaux excursions!). Si vous vous arrêtez devant ces îles il peut vous en coûter une forte amende au pire ou/et l'obligation de déguerpir au plus vite!..... nous avons eu de la chance......

ces 4 îles sont des « ports » d'entrée où l'on doit faire les formalités. L'accord sera valable pour une île sauf à prendre un cruising permit qui permettra d'aller sur les 3 autres îles (on parle de 100$ supplémentaire pour chaque île visitée) et pour une durée maximum de 3 semaines.

Arrivés sur l'île choisie vous devez vous présenter à la capitainerie ( qui semble t il vous aiguillera vers un transitaire!) ou appeler un transitaire qui prendra sa commission (80 à 125$ selon la tête du client) et vos papiers. A partir de là les prix varient. Le seul prix officiel est celui du parc: 100$ par personne.
Pour notre part le transitaire est revenu 2 jours plus tard nous rendre les papiers sans rien nous demander en retour. Pourquoi?
Notre Zarpe fait à Panama indiquait comme destination Les Marquises (sans mention d'un stop aux Galapagos) et là, la tolérance des 72h s'appliquait elle?
à la demande de notre ami (qui reprenait l'avion quelques jours plus tard) nous nous sommes présentés à l'immigration où nous avons payé 15$ pour avoir un tampon sur notre passeport
nous avons refusé le gas oil à 3,88$ le galon: grosse source de revenu pour le transitaire qui le paye 1,25!!!!!
enfin vu la taille de notre bateau, le transitaire avait mieux faire avec un bateau plus grand?

Sur l'achat de gas oil la station service ne serait pas autorisée à en délivrer sans l'autorisation de la capitainerie qui invite à passer par un transitaire!

Quel choix pour nos bateaux? Se signaler ou pas? Nous avons joué le jeu, nous nous en sommes bien sortis: 15 $ et le gas oil à 2$ le galon (par un « taxi boat »). Un bateau copain a vu la note s'alourdir à 400$ .D'autres bateaux ne se sont pas signalés (sur 2îles visitées) et personne n'est venu leur réclamer formalités et dollars....et sans revenir sur notre expérience ds îles où nous avons séjourné ,sans être inquiétés,tout en respectant bien sur l'interdiction d'aller à terre......

Alors qu'en conclure?
Une réglementation mal appliquée?
Une certaine tolérance des autorités?
Une évolution favorable pour nos bateaux de plaisance?